Francisco Rodriguez del Canto

 

 

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LOST

in

the

WAR

PAINTING

 

DRAWING

Il y a une continuité entre la reprise du tableau Tres de Mayo de Goya (CLASSICO n°1), et celle du soldat loyaliste fauché par une rafale (COMBATTANTS n°10), immortalisé par Robert Capa en 1936 : les deux séries sont jumelles, même si la série LOST in the WAR s’inspire de photographies. Dans un premier temps, le peintre est parti des clichés célèbres, comme celui de Capa ou celui de l’enfant du ghetto de Varsovie (COMBATTANTS n°11), pour ensuite se concentrer sur l’épisode historique de la Guerre d’Espagne et se limiter à des photos d’amateurs glanées sur Internet. Là où le procédé perd en force citationnelle, délaissant les références iconiques universelles, il gagne sans doute en émotion. L’agrandissement à échelle humaine de ces petits tirages photo semble ressusciter des fantômes ensevelis par l’Histoire. Sans convoquer le pathos typique aux images de guerre, le peintre s’arrête sur des portraits de personnes armées mais souriant à la caméra, à la fois soldats et gens du peuples, dans un troublant oxymore entre la violence et l’allégresse. Le geste du brossage de la toile, iconoclaste dans la série CLASSICO, s’enrichit ici de nouvelles connotations symboliques. Il redouble la fragilité du support photographique, elle-même métaphore du temps qui passe et de la mémoire qui s’efface, qu’elle soit individuelle ou collective. Le brouillage de l’image évoque également une attention défocalisée, une rêverie mélancolique du regardeur, voire ses yeux mouillés de larmes. L’effacement des traits du visage, plus marqué que dans la série CLASSICO, semble aussi nous dire : peu importe l’identité, ne restent que les grands gestes, ce fusil à l’épaule et ce sourire vaillant. Y a-t-il quelque chose à digérer ici aussi, du côté de l’histoire familiale du peintre, intimement entrelacée avec la Guerre d’Espagne ? L’émotion n’est pas univoque, le propos n’est ni autobiographique ni directement politique. Il est indissociablement pictural et humaniste, proposant la toile comme lieu de rencontre privilégié entre deux univers et deux visages, celui du regardeur et celui de l’acteur anonyme de l’histoire.